Inspiré d’un dossier paru dans La Liberté le 19 juin 2026 — lire l’article original

Un dossier récent de La Liberté revient sur une question que beaucoup se posent en prenant de l’âge : comment (re)commencer à bouger, et pourquoi c’est plus important qu’on ne le pense. Deux volets de ce dossier m’ont particulièrement parlé, et je voulais partager ce qu’ils m’inspirent en tant qu’enseignant d’Art du Chi.

Dans une interview accordée au journal, la Dre Ilaria Sabione, médecin associée au service de gériatrie aiguë de l’Hôpital fribourgeois, rappelle que reprendre une activité physique après 60 ans est avant tout une question de progressivité, pas de performance. Il ne s’agit pas de viser l’exploit, mais de réintroduire du mouvement régulier et sécurisé dans le quotidien : marches de 10 à 15 minutes, escaliers, jardinage, exercices d’équilibre. L’essentiel, selon elle, est de choisir une activité plaisante et de la maintenir sur la durée.

Elle souligne aussi un point qui va à contre-courant des idées reçues : ce n’est pas l’activité qui use les articulations, mais l’inactivité qui aggrave la faiblesse musculaire et la raideur. Le mouvement régulier renforce les muscles, améliore la mobilité et module même la perception de la douleur. Autrement dit, bouger n’aggrave pas l’arthrose — cela freine plutôt sa progression et aide à préserver la densité osseuse.

Message clé de la spécialiste : le vieillissement biologique est inévitable, mais une grande partie de la perte d’autonomie liée à l’âge est évitable, et des bénéfices réels sont possibles même en commençant à 60, 70 ou 80 ans.

C’est dans le second volet du dossier, consacré à l’offre d’activités pour seniors dans le canton, que le Tai Ji Quan trouve sa place. Fanny Perdereau, responsable du programme d’activités chez Pro Senectute Fribourg, y détaille l’éventail proposé dans le canton : cours de gym, zumba, Pilates, yoga, activités de plein air — et donc le taï-chi, cité explicitement parmi les disciplines phares offertes aux aînés.

Ce n’est pas un hasard si le Tai Ji Quan figure naturellement dans ce type de programme. Il coche presque toutes les cases que la Dre Sabione appelle de ses vœux :

  • Progressivité : chaque mouvement peut être adapté à ses propres limites, sans jamais forcer.
  • Travail de l’équilibre : au cœur même de la pratique du Tai Ji Quan, jouer avec son équilibre. Ce qui rejoint directement les recommandations suisses actuelles — des exercices d’équilibre plusieurs fois par semaine pour réduire le risque de chute.
  • Renforcement musculaire en douceur : par des positions tenues et des transferts de poids lents, sans impact sur les articulations.
  • Plaisir et régularité : une pratique que l’on peut suivre en groupe, dans la durée, ce qui — selon l’article — est justement le facteur qui fait la différence à long terme.

Ce dossier de La Liberté confirme, avec l’appui d’une spécialiste en gériatrie, ce que la pratique du Tai Ji Quan enseigne depuis toujours : le mouvement lent, régulier et conscient n’est pas une activité « douce » réservée à ceux qui ne peuvent plus rien faire — c’est au contraire l’un des outils les plus efficaces pour préserver la force, l’équilibre et l’autonomie en avançant en âge.

Pour aller plus loin, l’article complet est disponible sur le site de La Liberté (contenu réservé aux abonnés). Le dossier s’appuie également sur le livre de Marc Picard, kinésithérapeute et ostéopathe, « Bouger après 60 ans » (Actes Sud, 176 p.).

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Art du Chi -
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